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L’autodétermination : un pilier de l’inclusion

L’autodétermination, concept clé de notre secteur, fait partie de notre ADN à Social Art Solutions, puisque le fondement même de la création de nos services est basé (sans en avoir eu véritablement conscience au démarrage) sur une philosophie tournée vers l’inclusion et l’idée de construire un projet sur mesure, partant des besoins singuliers de la personne.

Aujourd’hui l’autodétermination est un principe fondamental qui guide la transformation de l’offre en faveur de l’inclusion dans notre société. Cette notion repose sur l’idée que chaque individu, quel que soit son âge ou sa condition, a le droit et la capacité de décider de sa propre vie, de ses objectifs et de son bien-être.

L’autodétermination, dans son sens le plus simple, se réfère à la capacité d’une personne à prendre des décisions éclairées sur sa propre vie. Cela signifie que les individus ont le pouvoir de choisir leurs objectifs, leurs actions et de diriger leur destinée. L’autodétermination implique également la possibilité de participer activement à la société et d’exercer un contrôle sur sa propre vie. Concernant les personnes en situations de handicap, les Nations Unies, dans le cadre de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, reconnaissent leur autodétermination en tant que droit fondamental (2007).

Pour mieux comprendre le sens de ce concept auprès d’un public vulnérable, notamment les personnes en situation de handicap, nous avons souhaité revenir à son origine et à son expression dans différentes disciplines.

apports généraux sur l'autodétermination

Origines historiques du concept, autodétermination et émancipation

L’idée d’autodétermination trouve ses racines dans les mouvements pour la liberté et l’émancipation au cours de l’histoire. Les révolutions politiques, telles que la Révolution américaine (1775 -1783) et la Révolution française (1789-1799) ont permis d’affirmer le droit des individus à déterminer leur propre destinée. Ces évènements ont remis en question les structures autoritaires et ont inspiré la reconnaissance de la liberté individuelle.

Au lendemain de la première guerre mondiale, le principe d’autodétermination a été inscrit dans le Traité de Versailles le 28 juin 1919. Ce principe visait à permettre aux nations de décider librement de leur propre statut politique, économique, sociale et culturel. Cependant, malgré cette reconnaissance formelle, de nombreux peuples et communautés ont continué à lutter pour réaliser pleinement leur autodétermination.

L’autodétermination des peuples, focus sur la décolonisation

L’autodétermination des peuples est un aspect clé de ce concept. Les mouvements de décolonisation après la seconde guerre mondiale ont été impulsés par le désir des anciennes colonies de reprendre en main leur destin. Les nations colonisées ont cherché à rompre avec l’héritage de l’impérialisme et à établir leurs propres systèmes politiques, économiques et sociaux. L’autodétermination des peuples a été une force motrice dans la formation de nombreux Etats nouvellement indépendants.

Dimension sociologique, contre l’oppression

Sur le plan sociologique, l’autodétermination est étroitement liée aux notions de pouvoir, de classe sociale et d’identité. Les mouvements sociaux du XXème siècle ont joué un rôle crucial dans la promotion de l’autodétermination. Les luttes féministes ont remis en question les structures patriarcales, les normes de genre préétablies et ont revendiqué le droit des femmes à décider de leur propre vie. De son côté, le Black Power a cherché à affirmer l’identité noire et à lutter contre le racisme institutionnel. Ces mouvements ont contribué à élargir la compréhension de l’autodétermination au-delà des frontières nationales, pour inclure des groupes marginalisés et opprimés.

La sociologie moderne s’intéresse également à la notion d’autodétermination à travers le prisme des droits individuels et collectifs, soulignant l’importance de garantir à chacun la liberté de choix dans divers aspects de la vie, tels que l’éducation, l’emploi, ou la vie personnelle.

Fondements philosophiques, du droit d’être libre à la responsabilité individuelle

D’un point de vue philosophique, l’autodétermination est étroitement liée aux idées de libre arbitre et d’autonomie. Les philosophes des lumières (par exemple : J. Locke et JJ Rousseau), ont influencé la pensée occidentale en soulignant l’importance de la liberté individuelle. Locke a notamment avancé l’idée que chaque individu a le droit naturel à la vie, à la liberté et à la propriété. Ces idées ont jeté les bases de la pensée moderne sur les droits individuels et la capacité de l’individu à prendre des décisions autonomes.

Au XXème siècle, la philosophie existentialiste a également contribué à la compréhension de la responsabilité individuelle et la liberté de choix, soulignant que chaque personne est libre de créer sa propre essence.

Les apports de la psychologie, Motivation et Pouvoir d’agir.

L’autodétermination, dans le contexte de la psychologie est un concept fondamental qui explore le rôle central de la motivation impliquée dans le comportement humain. Selon la théorie de l’autodétermination (Deci et Ryan), les individus sont naturellement enclins à rechercher des expériences qui font ressortir leur autonomie (sur laquelle nous reviendrons), leurs compétences et leurs relations sociales. L’autodétermination apparaît lorsque les individus ont le sentiment d’initier et de contrôler leurs propres actions, plutôt que d’être soumis à des forces externes.

En outre, l’autodétermination en psychologie englobe non seulement le désir inné de contrôler ses propres actions, mais également le concept essentiel de pouvoir agir. Ce pouvoir d’agir représente la capacité d’un individu à exercer une influence significative sur son environnement et à prendre des décisions qui correspondent à ses valeurs et aspirations. Ainsi, l’autodétermination ne se limite pas à la simple autonomie, mais englobe également la manifestation concrète de cette autonomie à travers des choix actifs et éclairés. Lorsqu’une personne se sent habilitée à agir selon ses propres convictions, elle expérimente un sentiment renforcé d’autodétermination. Cette dimension du pouvoir d’agir contribue à forger l’identité et renforce la motivation. Ainsi, le pouvoir d’agir devient un aspect crucial de compréhension de l’autodétermination, parce que partie intégrante de ce concept, mettant en lumière l’importance de créer des environnements qui encouragent et renforcent cette capacité d’agir de manière autonome.

L’impact dans les Sciences de l’éducation, valoriser la diversité et l’inclusion

Dans les domaines des sciences de l’éducation, le concept d’autodétermination a des implications profondes. Il met l’accent sur l’autonomie des apprenants, le développement de leur pensée critique, leur créativité et leurs initiatives. Les pédagogies favorisant l’autodétermination cherchent à créer des environnements d’apprentissage inclusifs qui réservent et célèbrent la diversité des parcours individuels.

Autodétermination et public dit « vulnérable »

Cette introduction « holistique » offre une perspective sur la manière dont l’autodétermination traverse les évolutions sociales (et possiblement des régressions, ce qui doit nous encourager à une forme de vigilance). Ces regards croisés nous permettent de développer des approches adaptées pour soutenir l’autodétermination des publics vulnérables comme les personnes en situation de handicap. En effet, ces différentes dimensions nous permettent d’être « mieux équipés » pour formuler des approches complètes qui permettent l’inclusion et le respect des droits des personnes y compris celles qui sont en situation de handicap.

Droit légaux et politiques

La compréhension des origines historiques permet de contextualiser les droits légaux actuels liés à l’autodétermination des personnes en situation de handicap. En examinant l’évolution législative et politique, on peut identifier les progrès réalisés et les lacunes persistantes, guidant ainsi les efforts de plaidoyer pour renforcer les droits de ce public dit « vulnérable ».

Evolution des normes sociales

En considérant la dimension sociologique, il devient évident que les normes sociales jouent un rôle dans la promotion ou la restriction de l’autodétermination. L’analyse des normes émergentes et changeantes offre des opportunités d’intervention pour influencer positivement la perception sociale des personnes en situation de handicap, favorisant ainsi leur autonomie.

Ethique de la compassion et de l’inclusion

Les fondements philosophiques de l’autodétermination fournissent une base éthique pour aborder la question de manière compatissante. La philosophie de l’inclusion met en avant l’idée que la société devrait être construite de manière à permettre à chaque individu de participer pleinement à la vie sociale, économique et culturelle, renforçant ainsi l’éthique de la compassion envers les personnes en situation de handicap.

Autonomisation individuelle

Comprendre l’autodétermination contribue à la promotion du pouvoir d’agir (ou de l’empowerment individuel). En reconnaissant que chaque personne (au-delà de son handicap), possède sa valeur propre et des capacités uniques, on encourage le développement des approches visant à renforcer la confiance en soi et les compétences des individus (y compris des plus vulnérables).

Formation et sensibilisation

Le déploiement de l’autodétermination dans notre société implique également des initiatives de formation et de sensibilisation. En information la société des défis auxquels font face les personnes en situation de handicap, on peut promouvoir une meilleure compréhension, réduire les stéréotypes et créer un environnement propice à l’autodétermination. Ceci afin de favoriser une société plus équitable et inclusive.

Compréhension du sens de l’autodétermination pour agir

En combinant les différentes perspectives interdisciplinaires, on obtient une compréhension du sens de l’autodétermination. Cela permet de reconnaître qu’elle ne se limite pas à la simple prise de décision, mais qu’elle est ancrée dans le respect de la dignité humaine, de l’égalité des chances et de la liberté individuelle. En comprendre le sens, offre une base pour plaider en faveur de politiques et d’interventions pratiques qui assurent l’inclusion, l’accessibilité et l’autonomie des personnes en situation de handicap. Cela permet également de sensibiliser la société aux défis spécifiques auxquels ces individus sont confrontés dans leur quête d’autodétermination.

Chez Social Art Solutions, nous nous inspirons souvent de la légende du Colibri*. Celle-ci est généralement utilisée dans le secteur de l’environnement pour promouvoir l’idée que chacun peut agir à son niveau et que ce qui compte c’est « de faire sa part ». Cette légende nous inspire… « nous essayons de faire notre part ». Le travail éducatif et celui autour de l’autodétermination est un parcours dans lequel il faut avancer à petits pas, en considérant la complexité dans laquelle il s’inscrit (enjeux politiques, environnementaux, conjoncturels, individuels, familiaux, etc.). Celle-ci vient favoriser ou limiter la progression avec un objectif qui est toujours celui qui nous guide : le bien être, la dignité, et l’autodétermination de la personne.

La légende du colibri, d’origine amérindienne, raconte qu’un immense incendie menaçait la forêt. Alors que les autres animaux se sentaient impuissant, le petit colibri s’active en transportant de minuscules gouttes d’eau dans son bec pour éteindre le feu. Malgré les moqueries des autres, le colibri persista symbolisant ainsi l’importance de faire sa part, aussi petite soit-elle, pour contribuer à un bien plus grand.

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